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Département de Langues et Lettres

Présentation des enseignements

Mes cours portent sur la littérature française du XIXe siècle et sur la littérature et les arts comparés.
Le cours transversal de 1re année dont je suis co-titulaire avec V. André, "Grands courants de la littérature", propose un parcours historique et théorique comparé à travers les littératures française et étrangères. Le cours "Littérature générale et comparée" explore un thème au travers des littératures française et étrangères et des arts.
En second cycle, je propose un cours sur la "Littérature du XIXe siècle", qui s'articule, à travers une question (presse et littérature, les postures d'auteur, la bohème, etc.), autour d'un parcours, textuel et contextuel, qui couvre l'ensemble du siècle. Le cours "Intermédialités" (assuré un an sur deux, en collaboration avec M. Preyat) aborde une problématique liée à l'hybridité des formes (littérature et photographie, littérature et archives, bande dessinée, littératures graphiques, livres d'artistes etc.). Les cours "Ecritures médiatiques" et "Pratiques rédactionnelles", en partenariat avec la filière de journalisme, est conçu autour d'un projet de création médiatique.




Présentation des thèmes de recherche

1. Histoire comparée des arts et des lettres (Angleterre – Belgique – France)

Grâce à un mandat d’aspirant au FNRS (1994-1998), j’ai soutenu, à l'ULB, une thèse de doctorat intitulée "Préraphaélisme et symbolisme. Discours critique et création littéraire en France et en Belgique (1880-1900)". Cette thèse, publiée en 2003 chez Champion (Paris, coll. "Romantisme et Modernités"), affichait une ambition doublement comparatiste en s’attachant à l’étude des rapports entre littératures française, belge et anglaise, d’une part, et entre littérature et arts plastiques, d’autre part. Mon ambition était en effet de préciser le rôle du mouvement britannique (lui-même pictural et littéraire) dans l’émergence du symbolisme européen, plus particulièrement en France et en Belgique. Le choix d’accorder dans cette étude une place importante à la Belgique relevait de la nécessité de prendre en considération le champ artistique et littéraire spécifique qui s’est développé dans ce pays au tournant du siècle, déterminant dans l’évolution de l’esthétique symboliste, tant sur le plan des lettres que sur celui des arts. Consciente des problèmes complexes que soulèvent les rapprochements entre littérature et peinture, j’ai consacré une partie importante de ma recherche à une mise au point méthodologique, ce qui m’a permis d’acquérir, dans ce domaine, des compétences théoriques que j’ai pu mettre à profit dans mes recherches ultérieures consacrées aux rapports entre textes et images.
Ma recherche doctorale m’a en outre permis d’aborder plus particulièrement la problématique du "peintre-écrivain" par l’analyse d’un cas emblématique : Dante Gabriel Rossetti, peintre, poète et traducteur anglais d’origine italienne, dont l’œuvre pluridisciplinaire et plurilingue invitait à explorer les relations entre "double pratique" (littérature et peinture) et biculturalisme/bilinguisme. Dans la continuité de ces recherches, outre divers articles et contributions à des ouvrages collectifs, j’ai publié une édition commentée de l’essai d’Olivier-Georges Destrée, "Les Préraphaélites. Notes sur la peinture et l’art décoratif en Angleterre" (1894), l’une des premières monographies en français sur le sujet, depuis longtemps introuvable.

2. Arts et lettres en Belgique (XIXe siècle)

Dans le cadre de mes trois années de mandat de chargé de recherches au FNRS (2000-2003), j’ai choisi de poursuivre mes travaux sur les rapports entre les arts et les lettres en me consacrant plus particulièrement au cas belge. Dans la Belgique de la seconde moitié du XIXe siècle, où la tradition picturale a imprégné l’imaginaire de plusieurs générations d’écrivains, où l’exemple des peintres a été déterminant dans la constitution d’une institution littéraire autonome, la question de la transposition d’art s’est en effet posée avec une acuité particulière. J’ai tenté d’unir en cette étude recherche historique et réflexion théorique en délimitant, comme dans le cadre de ma thèse, un corpus cohérent et clairement circonscrit, chronologiquement et géographiquement. Mon but était en effet d’inscrire les problèmes formels soulevés par le processus de la transposition intersémiotique dans le cadre d’une réflexion sur l’histoire des genres. Il s’agissait donc de s’interroger sur les raisons de l’émergence, de la pratique et du succès de la formule dans le contexte particulier de l’autonomisation des lettres belges au XIXe siècle, tout en menant, d’un point de vue théorique, une réflexion approfondie sur le fonctionnement de la transposition d’art. Ce travail m’a permis d’approfondir ma connaissance du champ littéraire belge du XIXe siècle, et plus particulièrement des interactions étroites entre champs littéraire et pictural dans le cadre de la production des discours sur l’art (critique d’art, transposition d’art, correspondances entre peintres et écrivains, écrits d’artistes, etc.).

3. Projet "Pictoriana" (MIS/FNRS 2009-2012)

C’est dans la continuité de ces recherches que j’ai initié, en 2005, un projet consacré aux écrits d’artistes belges. Il s’est concrétisé par la mise en place de Pictoriana (www.pictoriana.be), une base de données recensant les écrits de peintres belges, de 1830 à nos jours. Ce projet a bénéficié d’un fonds spécial de recherche des Facultés universitaires de Namur (2005-2008). Un groupe de contact FNRS « Écrits d’artistes », dont j’assure la présidence, a également été créé en 2008 pour favoriser le développement de la recherche collective sur le sujet. En 2009, le projet a pu se développer grâce à un Mandat d’impulsion scientifique (MIS) accordé par le FNRS pour 3 ans. Ce financement a permis de poursuivre l’enrichissement et le développement de la base de données, et de l’exploiter à la fois dans la recherche (par des colloques, publications, expositions et travaux d’édition) et dans les enseignements, en lettres et en histoire de l’art. Nombre d’archives ont été mises à contribution, en Belgique et à l’étranger. Un travail de photographie des archives et de numérisation de documents a été réalisé pour faciliter l’accès à ces textes. Le processus d’accroissement de la base s’est fait d’un point de vue chronologique, mais aussi disciplinaire : l’un des objectifs était en effet d’élargir le champ couvert en intégrant, outre les textes de peintres et de sculpteurs, ceux des architectes et décorateurs belges. Des partenariats ont aussi été établis avec des musicologues, notamment avec l’Observatoire international de la création et de la recherche musicale (Fac. de musique de l’Université de Montréal) pour l’organisation d’un colloque sur les "Entretiens d’artistes". L’accent a également été mis sur l’étude des supports, et plus particulièrement de la presse. Les textes des artistes, dispersés, parfois anonymes, représentent un champ d’étude de premier ordre dans la mesure où ils constituent une sorte d’histoire de l’art invisible, importante par son impact à l’époque de la publication, souvent méconnue aujourd’hui par l’absence de recensement et de réédition. Ce volet du projet a été développé en partenariat avec l’ARC ULB « Journalisme et littérature en Belgique entre les deux guerres » (2008-2013). Publications, activités scientifiques et pédagogiques ont accompagné le développement du projet. Les publications scientifiques, basées sur l’exploitation des données récoltées, se sont articulées principalement autour des champs d’étude suivants : les modalités de l’échange épistolaire entre artistes et écrivains, la relation du titre à l’œuvre, la sociabilité littéraire des artistes. Voir: "Écrit(ure)s de peintres belges", Bruxelles, Peter Lang, « Comparatisme et société », 2008, 262 p.; "Écrits voyageurs : les peintres et l’ailleurs", Bruxelles, Peter Lang, « Comparatisme et sociétés », 2012; "En route ! Sur les traces des artistes belges en voyage", Namur, Musée provincial Félicien Rops, 2014; Ceci n'est pas un titre. Les artistes et l'intitulation, Lyon, Fage, 2015; "Entretiens d’artistes. Poétiques et pratiques", Paris, Vrin, « MusicologieS », 2016. Site web: www.pictoriana.be

4. Femmes et discours critiques

Les travaux que j’ai développés autour de la thématique "Femmes et critique(s)", depuis 2003, ont trouvé place dans un projet de recherche quadriennal (Cluster 13 "Cultures, patrimoine et création"), mis en place par l’équipe de recherche LIRE/CNRS de l’Université de Lyon2 (depuis 2006). L’axe "Genre et culture" au sein duquel s’inscrit plus particulièrement "Femmes et critique(s)", a réuni 19 équipes et vise, d’une part, à fournir les moyens d’une coordination, d’une information réciproque et d’une mise en réseaux des différents chercheurs impliqués dans un travail sur ce thème, à travers un portail informatique, d’autre part, à soutenir les activités de laboratoires déjà engagés dans une recherche ou encouragés à s’y engager par le soutien d’une organisation régionale et internationale.
L’équipe belge réunit des chercheuses de plusieurs disciplines, dont le propos est d’interroger, dans une perspective théorique et historique, les catégories du "genre" dans les discours sur l’art. La thématique que je développe pour ma part concerne l’apport des femmes à la critique d’art dans la presse du XIXe siècle, en France et en Belgique, axe qui recoupe le projet "Masculin/Féminin dans la presse du XIXe siècle", mené par M.-E. Therenty (Montpellier 3) et C. Planté (Lyon 2/ Lire-CNRS). Ce projet s'inscrit également dans l'Unité de recherche transdisciplinaire SAGES ("Savoirs, Genre, Sociétés") de l'ULB. Deux journées d’étude ont été organisées dans le cadre de cette recherche (7 mars 2008 ; 21 novembre 2008) sous forme de séminaires doctoraux interacadémiques ; les actes de ces journées ont été édités en 2009 (PUN). Les femmes critiques d’art sont souvent elles-mêmes artistes : dans le corpus belge, nombre d’entre elles sont donc également recensées dans la base de données "Pictoriana" (Anna Boch, Emma Lambotte…).

5. « Géographie des arts » (ARC « Culture, mobilité, territoire »)

Depuis fin 2012, je poursuis mes travaux dans le cadre d’une ARC intitulée « Culture, mobilité, territoire. Émergence et transformation de l’identité métropolitaine bruxelloise (XVIIIe-XXIe siècles)» (micmarc.ulb.ac.be), que j’ai contribué à mettre en place avec une équipe interdisciplinaire constituée d’historiens, d’historiens de la littérature et de la musique, de géographes, d’architectes et de sociologues. Cette équipe entend questionner l’identité métropolitaine qui émerge de la rencontre entre mobilité(s) et culture. À travers l’outil cartographique – le projet a pour ambition d’élaborer un atlas culturel historique de Bruxelles – sont questionnées, entre autres, les notions de « quartier artistique », de « pôles de création » et d’« identité métropolitaine ». La participation à ce projet m’a conduite à interroger sur de nouveaux frais mes domaines de recherches – la littérature et les écrits d’artistes – en sollicitant une approche spatiale. Mes travaux se partagent entre essais de géographie littéraire (avec T. Debroux), d’une part, et réflexion interdisciplinaire sur la construction de l’identité bruxelloise d’autre part (avec J. le Maire). Dans cette perspective, la dimension de sociabilité artistique, apparue comme centrale dans le travail de recherche mené dans le cadre de Pictoriana, m’a semblé devoir être relancée et développée avec de nouveaux outils et l’apport d’autres disciplines, tout en mobilisant et en valorisant les ressources déjà rassemblées. Les apports de l’architecture et de la géographie sont apparus comme indispensables pour étudier un élément essentiel dans la culture de l’artiste, du XIXe au XXIe siècle : l’atelier, lieu de création de l’œuvre, mais aussi lieu de création de soi et lieu d’un discours sur l’art qui peut passer par des éléments verbaux et plastiques, mais aussi par des éléments matériels et concrets, spatiaux et architecturaux. L’atelier d’artiste, à Bruxelles, s’est donc imposé comme objet d’étude privilégié pour poursuivre le questionnement sur la construction de l’artiste, entamé dans le cadre de Pictoriana à travers les écrits, en le prolongeant à travers deux autres dimensions – géographique et architecturale – qui devraient permettre d’articuler les aspects symboliques et matériels propres à ce lieu singulier qui polarise les circulations artistiques au sein de la ville, mais également au sein d’un espace artistique international. Site web: micmarc.ulb.ac.be

Lien vers un site externe

http://micmarc.ulb.ac.be/

Enseignement(s)

FRAN-B-409 Littératures du XIXe siècle

FRAN-B-421 Ecritures médiatiques

FRAN-B-512 Auteurs du XIXe siècle (niveau expert)

FRAN-B-525 Ecritures médiatiques

FRAN-B-545 Intermédialités

FRAN-B-550 Pratiques rédactionnelles

TRAN-B-105 Grands courants de la littérature

Publication(s) récente(s)

Brogniez, L., & Debroux, T. (2017). Une exposition à l’échelle de la ville.: Sociabilités des espaces complémentaires aux Salons des XX et de La Libre Esthétique. Contextes.

Brogniez, L. (2011). Rhétorique du “salon” au féminin ou la promenade de la critique influencée. Masculin/Féminin et Presse au XIXe siècle.

Brogniez, L. (2011). Paul Gorceix, Georges Rodenbach, Paris, Champion. Textyles, 36-37.

Brogniez, L. (2011). Bohème sans frontière. Sous la dir. de Pascal Brissette et Anthony Glinoer, PUR, coll. Interférence, 2010. Histoires littéraires.

Brogniez, L., Dessy, C., & Sadoun, C. (2017). L'Artiste en revues: Fonctions, contributions et interactions de l'artiste en mode périodique. Presses Universitaires de Rennes.

Brogniez, L., Debroux, T., & Le Maire De Romsee, J. (2017). The rise of a small cultural capital? Brussels at the end of the 19th century. In R. Hibbitt (Ed.), Other Capitals of the Nineteenth Century: An Alternative Mapping of Literary and Cultural Space. Londres: Palgrave Macmillan.

Pelgrims, C., Loir, C., Brogniez, L., & Debroux, T. (2017, mai 19). exposition virtuelle "pARCours urbains" : Section Circuler en Ville : Un réseau de promenades extérieures.

Le Cam, F., Brogniez, L., Domingo, D., Jacquet, A., Malcorps, S., Nahjari, N., & Tixier, F. (2017). Tram 33, une expérience journalistique transmédias. In La place des entreprises médias dans la formation des journalistes (pp. 58-61). Alliance Internationale de Journalistes.(Chercheurs & Journalistes).

Brogniez, L., & Debroux, T. (2017). Rue de l'Abbaye. Le voisinage artistique de la villa d'Anna Boch. Publication présentée à la conférence Ouvrir l'atelier. Un siècle d'ateliers d'artistes en Belgique (1830-1930) / Het atelier opengesteld. Een eeuw kunstenaarsateliers in België (1830-1930) (24 mars 2017: Bruxelles, Université libre de Bruxelles).

Brogniez, L. (2017). Bas-bleus et draps blancs. Femmes et littérature spirite (1870-1914) ». In A. Del Lungo & L. B. Brigitte (Eds.), La littérature en bas-bleus. Tome III.: Les romancières en France de 1870 à 191 (1 ed., pp. 241-256). Paris: Classiques Garnier.(Série XIXe siècle, n°4).